Les nouveaux usages du nüshu
Dans ce 2eme quart du XXIe siècle, le nüshu évolue en s’insérant dans les nouvelles technologies par l’informatisation de ses caractères. Les transmettrices sont devenues les « gardiennes » du nüshu, et cette écriture est exploitée sur différents supports commerciaux. Quelques femmes la vivent encore comme une alliée et un lien entre femmes.
Les nouveaux usages du nüshu viennent de connaître un nouvel essor en septembre 2025 avec la rénovation du musée de la Culture nüshu et son adaptation à la culture numérique (voir ci-dessous).
L’informatisation de ses caractères, consultables aujourd’hui sur divers sites permet de trouver des correspondances entre caractères chinois et caractères nüshu, surtout destinés à la calligraphie. On peut regretter que ces « traductions » rapides ne permettent pas toujours de garder ce qui faisait le « sel » du nüshu, la culture qui en était le vecteur, son rythme poétique en sept caractères qui rimaient, les messages confidentiels qu’il portait d’une soeur jurée à l’autre, le « sel » des larmes des femmes peut-être. Mais cet objet d’étude kaléïdoscoique est entré de plein pied dans le deuxième quart du XXIe siècle, où le nüshu est objet de connaissance, de diffusion électronique, de commerces divers, d’échanges internationaux, mais aussi de simplification, comme toutes les cultures anciennes, pour continuer à vivre, à s’exposer, à être transmis.
Vous trouverez sur le net une foule d’informations récentes sur l’actualité du nüshu, notamment sous l’angle du féminisme en Chine.
Les nouvelles transmettrices à voir jusqu’au 5/12/26 sur Arte.TV
On les appelle aujourd’hui les « gardiennes du nüshu ». Même si elles le transmettent encore, le nom a changé, signe des temps.
Un documentaire sur Arte il retrace l’histoire de Hu Xin, et de ses liens d’apprentissage auprès de la vieille He Yanxin (décédée en octobre 2025) à Jiangyong, et l’histoire croisée de Si Mu, jeune femme qui trouve dans le nüshu une libération et un développement personnel, où l’on retrouve les bienfaits du nüshu auprès des femmes du temps jadis. Ce reportage aborde le nüshu sous l’angle de l’égalité des femmes, qui est loin d’être gagnée dans le cadre du nouveau patriarcat contemporain à caractéristiques chinoises.
Le reportage est très intéressant, bien fait, pour qui s’intéresse non pas aux caractères nüshu eux-mêmes, mais à celles qui les conçoivent encore dans leur essence et leur dimension culturelle d’entraide féminine. On y découvre aussi à travers les images de Jiangyong et celles de Shanghai ou Pékin, le grand écart que cela représente de vouloir faire vivre le nüshu dans le monde d’aujourd’hui.
L’informatisation des caractères nüshu
De l’idée qui a commencée à germer en 2008, il aura fallu plus de dix ans pour arriver aux caractères nüshu par ordinateur, en Unicode, Noto nushu, etc… Des 22000 variantes comptabilisées au début, des 4700 caractères recensés par Gong Zhebing dans son dictionnaire, des 1800 standardisés un peu plus tard, ils ne sont plus que 396 caractères digitaux. Parmi les variations des styles, on peut trouver de jolis caractères traditionnels.
Vous trouverez sur Internet les convertisseurs de caractères chinois en caractères nüshu sur différents sites. Certains idéogrammes ne trouvent pas de traduction, il faudra alors reprendre les anciens dictionnaires. Mais surtout, il existe depuis septembre 2025 le Musée numérique du nüshu à Jiangyong.