Appropriation de l'écriture

Pour conclure sur les caractères nushu...

Les femmes de Jiangyong, privées des moyens de laisser trace, ont trouvé les voies de l’écriture dans le contexte linguistique chinois. Dans un souci d’adaptation à leurs besoins socioculturels, elles ont utilisé les caractères pour leur valeur phonétique en la mixant avec des éléments culturels forts de la broderie traditionnelle locale, elle-même support ayant conservé d’anciennes écritures, elles en ont simplifié et réorganisé graphiquement les traits en les esthétisant à leur manière féminine et selon leur savoir-faire de brodeuses. Dans un souci d’ergonomie linguistique et de facilité de mémorisation, mais aussi parce que cela correspondait à leur culture orale, elles ont phonétisé des groupements de caractères avec ce qu’on pourrait appeler des clés phonétiques. Ainsi, les femmes ont élaboré une écriture qui est restée souple pour les besoins de cercles restreints et fermés, porteuse de l’originalité de chaque scribe par les variantes des traits ou les homophones choisis, une écriture vivante. Les brodeuses de Jiangyong ont ainsi réussi à créer un système d’écriture phonétique adapté à leurs besoins et reconnu comme un savoir digne d’être transmis.

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